DÉMOULAGE
Philo et sculpture live
Mammifères et Le Petit Théâtre de Sherbrooke
5 au 8 nov. 2026
En français
ans
3e année à secondaire 2
Pensées
poussière
de plâtre
qui brillent
Un atelier de sculpture convivial pour faire de la philo ! Deux artistes-chercheuses réalisent en direct des moulages de parties de corps en plâtre. Elles s’amusent aussi avec des instruments électros tout en recueillant nos bulles de pensées spontanées à propos de la mort. Jamais trop petit pour jaser grand.
Karine Sauvé et Érika Tremblay-Roy ont retroussé les manches de leurs combinaisons de travail, préparé leurs machines à sons et matériaux insolites, pour nous accueillir dans leur atelier d’expérimentation où s’entrechoquent le beat et le sensible. Cette expérience d’art relationnel prend la forme d’un cercle de discussions et de réflexions sur la vie et sa mystérieuse finalité. Tu te sens plus « grandes oreilles » que « jaseur d’Amérique » ? Tout le monde est invité à partager ou simplement à écouter. Un rendez-vous hyper doux, sans préjugés, pour les grands et mini-philosophes qui ont soif d’idées vitales et de questions pétillantes !
Équipe de création
- Conception
- Anne-Marie Guilmaine, Karine Sauvé et Érika Tremblay-Roy
- Avec
- Karine Sauvé et Érika Tremblay-Roy
- Musique
- Karine Sauvé
- Conseils au son
- Frédéric Auger et Nicolas Letarte-Bersianik
- Conseils au moulage
- Angela Rassenti
- Direction de production et technique
- Andréanne Deschênes
- Production
- Mammifères et Le Petit Théâtre de Sherbrooke
- Coproduction
- Maison Théâtre
Avec le soutien du Théâtre français du Centre national des Arts
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Présentation en collaboration avec Espace Libre
Anne-Marie Guilmaine
Québec

Avide de processus de création inédits, Anne-Marie développe depuis près de 20 ans une pratique d’autrice scénique. Avec la compagnie de théâtre interdisciplinaire Système Kangourou qu’elle cofonde en 2006, elle crée des spectacles teintés par la performance et l’art relationnel. Que ce soit avec Le pouvoir expliqué à ceux qui l’exercent (sur moi) (2019), Bermudes (dérive) (2021) ou Fantômes (2023), elle s’intéresse à la présence de citoyen·nes sur scène qui partagent leurs propres récits au cœur de partitions tissées d’actions et d’images plurivoques. Parallèlement à ses fonctions de codirectrice artistique de Système Kangourou et du Théâtre Aux Écuries, elle collabore à titre de cometteure en scène et de conseillère dramaturgique auprès de la compagnie de théâtre de matières Mammifères. Elle fait également partie de la cellule artistique du Cube, centre international de recherche et de création en théâtre pour l’enfance et la jeunesse. Elle enseigne depuis cinq ans un stage de jeu et création interdisciplinaire à l’Université d’Ottawa. Anne-Marie est de retour au festival LA MÈCHE COURTE pour une deuxième fois, après avoir marqué la toute première édition, en novembre 2025, avec le spectacle Paysages en filiation.
CRÉDIT PHOTO : Camille Gladu-Drouin
Karine Sauvé
Québec

Artiste interdisciplinaire, Karine Sauvé crée des œuvres scéniques atypiques à la croisée des arts visuels, du concert et du théâtre performatif. Diplômée de l’Université du Québec à Montréal en théâtre de marionnettes contemporain, elle fonde en 2013 la compagnie Mammifères afin de développer une pratique personnelle, un théâtre de matières singulier, tendre et audacieux. Les Grands-Mères Mortes, premier spectacle de la compagnie, coécrit avec David Paquet, récolte en 2015 le Prix du Meilleur spectacle jeune public de l’Association québécoise des critiques de théâtre. Le duo écrit ensuite le concert théâtral Chansons pour le musée, texte finaliste en 2021 au Prix Louise-LaHaye du CEAD. La même année, Karine cosigne avec Érika Tremblay-Roy l’écriture et la mise en scène du spectacle Le Potager, installation vidéo et concert rock pour la petite enfance. Elle travaille présentement à la Trilogie du mou — Manège mou, Démoulage et Intra large —, trois propositions faisant écho à son projet de médiation culturelle auprès de personnes en fin de vie dans une unité de soins palliatifs.
CRÉDIT PHOTO : Julie Artacho
Érika Tremblay-Roy
Québec

Érika Tremblay-Roy est autrice, metteuse en scène et directrice artistique du Petit Théâtre de Sherbrooke. Elle signe des formes interdisciplinaires qui laissent une grande liberté de lecture aux jeunes publics. Ses œuvres, jamais prescriptives, touchent, interrogent et décoiffent. Parmi ses créations récentes, citons Le Potager, un concert rock pour petit public, Le problème avec le rose, qui aborde avec sensibilité et humour les questions du genre et de la diversité, et Prince Panthère, un cabaret onirico-philosophique interactif. Érika est une créatrice qui va là où on ne l’attend pas, les métissages qu’elle réussit à créer entre les langages se renouvelant à travers l’un et l’autre de ses projets. La qualité de son écriture scénique et dramaturgique est saluée par ses pair·es : lauréate du Prix Louise-LaHaye du CEAD en 2020 (Le problème avec le rose), lauréate du Prix Œuvre de l’année en Estrie du CALQ en 2016 (Lettre pour Éléna), finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général par le CAC en 2013 (Petite vérité inventée), pour nommer que ceux-ci. Ses textes sont publiés aux maisons d’édition Lansman Éditeur et Dramaturges Éditeurs. Après avoir présenté l’éclatant spectacle Va falloir toujours toujours lors de la première édition de LA MÈCHE COURTE, Érika est de retour pour une seconde fois au festival.
CRÉDIT PHOTO : Annick Sauvé
Activités spéciales
Les familles sont attendues 1 heure avant chaque représentation tout public pour profiter des activités ludiques offertes sur place. Découvrez comment s’anime Espace Libre à l’occasion du festival !
Entretien
Dans votre cahier de chercheuses, vous récoltez des questions du public. Vous pouvez nous en partager deux-trois qui vous ont particulièrement étonnées/chavirées/fait rire ?
« Si mon corps est enterré à l’endroit où pousse un arbre, est-ce que l’arbre va avoir quelque chose de moi ? »
« Est-ce qu’un mort vivant est plus mort ou plus vivant? »
« Avant de naître, est-ce qu’on se trouve dans le même lieu que les morts ? »
« Est-ce que la mort des étoiles ressemble à la mort d’un humain, sa lumière reste ? »
À quoi vont servir toutes ces questions récoltées ?
Pour Karine, Érika et moi, collectionner des questions est une passion commune ! En partageant les nôtres et en écoutant celles des autres, notre pensée s’élargit et se sculpte de façon inattendue. Les interrogations du public enrichissent réellement notre recherche sur la mort, une quête sans fin. Notre collection grossit au fil des conversations et le cartable reste accessible après la performance. En le feuilletant, impossible de deviner l’âge de l’auteur d’une question. C’est une démarche profondément égalitaire : tout le monde se questionne sur la mort, et cela nous relie intensément.
Vous racontez que vous avez passé beaucoup de temps auprès de personnes mourantes, dans une unité de soins palliatifs, et que ce n’était pas qu'une expérience triste. Vous auriez une anecdote lumineuse de votre passage là-bas ?
Mme Cortès.
Paola. On est assises ensemble.
Elle me fait cadeau de mille histoires.
Pas seulement les siennes, celles de sa mère aussi.
Elle me parle pendant 2h. Sans arrêt…
Seulement des petits bouts de silence pour respirer.
Elle me raconte tout ce qui lui passe par la tête.
Des souvenirs, parsemés de grandes questions.
Elle apprécie beaucoup de choses de sa vie d’avant, mais aussi de sa vie de maintenant.
On dirait qu’elle sait aimer.
À la fin de notre conversation, elle dit :
« POINT. »
« Je viens d’écrire un livre. »
Je lève les bras au ciel. « OUI ! »
Quelle est la manipulation la plus périlleuse à réaliser dans cette performance ? Ex: est-ce que le plâtre fige toujours ?
Elle paraît peut-être simple, mais la manipulation la plus périlleuse pour moi est clairement la fabrication de l’organe en ballons. Il faut gonfler ces intestins rebelles un à un, en restant en équilibre dans le seau (sans bouger les pieds ! ), en faisant tourner le socle (alors que l’alginate glisse encore !), puis torsader les boyaux sans perdre le contact avec le public. Et il faut que tout soit terminé pile au moment où la minuterie sonne. Ça finit toujours par fonctionner, mais à chaque fois, je vis un petit moment de suspense !


